-ande

-ande

⇒-ANDE, -ENDE, suff.
Suff. formateur de subst. à partir de verbes.
I.— Le dérivé est un substantif d'action du genre féminin :
offrande « action d'offrir, don à la divinité; moment de certaines messes où s'effectue l'offrande »
propagande « action exercée sur l'opinion... »
réprimande « blâme destiné à amender, et qui est adressé avec autorité, sévérité, à un inférieur »
Le dér. désigne une charge et un collectif :
jurande « dans les corporations du Moyen-Âge, charge de juré; assemblée, corps des jurés; le temps d'exercice de cette charge »
Le dér. désigne une chose concr. :
lavande « plante qui sert à parfumer l'eau de toilette, le linge (littéralement : qui sert à laver) »
Rem. -and- est infixe dans les termes suiv. : buandier, -ière, -erie; filandière; lavandière; taillandier, -erie; vivandière.
II.— Le dérivé est un substantif masculin (-ande, -ende s'oppose à -(at)eur) :
dividende 1. le nombre qui est à diviser. 2. quote-part des bénéfices versés aux actionnaires
multiplicande « le nombre qui est à multiplier; le 1er des termes d'une multiplication »
Étymol. ET HIST.
A.— Étymol.-ande, -ende remonte au lat. -anda, -enda, fém. des adj. verbaux en -andus, -endus (cf. MEYER-L. t. 2 1966, § 23). La plupart des termes ne sont à proprement parler pas des dér. français. Il s'agit d'un fait d'empr. au latin. Seul jurande est réellement un dér. français.
B.— Productivité et vitalité
1. Productivité. — Le suff. n'est pas productif. Le terme le plus anc. est offrande : 1080, Roland, offrende < lat. médiév. offeranda; le plus récent, propagande, calque tiré de la loc. lat. (congrégation romaine) de propaganda fide, est de la fin du XVIIe s.
2. Vitalité. — La nature verbale de la base n'est pas toujours évidente. Réprimande n'est pas associé spontanément à réprimer à cause de l'existence de réprimander; multiplicande n'est pas senti comme dér. de multiplier mais comme un terme s'opposant à multiplicateur, (commutation de suff. apr. une base multiplic-); dividende qui fonctionne en oppos. avec diviseur n'est pas directement associé à diviser.
3. Finales homophones -ande, -ende de subst. fém.
a) -ande
Venant de verbes : commande, demande
Emprunts : contrebande < ital. contrabbando, guirlande < ital. ghirlanda, houppelande < adaptation de l'a. angl. hoppâda, sarabande < esp. zarabanda, viande < lat. pop. vivenda (cf. lat. médiév. vivanda)
b) -ende
Venant d'un verbe : amende (de amender)
Emprunts : commende < lat. eccl. commenda, légende < lat. médiév. legenda « ce qui doit être lu », prébende < lat. eccl. proebenda, provende < lat. praebenda, adapté d'apr. les mots en pro-
Rem. 1. Les empr. à l'all. blende et hornblende, pechblende sont également du fém. 2. Dans limande, sur a. fr. lime, même sens que limande, l'orig. de -ande est obscure.
BBG. — DARM. 1877, p. 88. — SPITZER (L.). Beiträge zur französischen Wortbildungslehre. Z. rom. Philol. 1923, t. 43, pp. 641-644.

-ande ou -ende
Suffixe ayant servi à former des noms à partir de verbes (offrir/offrande; réprimer/réprimande; laver/lavande…).

Encyclopédie Universelle. 2012.


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